« Les résolutions seront soumises rapidement à nos chefs d’Etat »

Quel bilan pouvez-vous dresser à l’issue des travaux d’Abuja qui se sont tenus dans la capitale fédérale nigériane ?
Nous voulons commencer par saluer l’accueil qui nous a été réservé ici par nos frères nigérians. Les travaux se sont déroulés dans un esprit de convivialité et de confiance. Nos deux pays font face à des problèmes de sécurité. Vous avez suivi la position du président Muhammadu Buhari qui a clairement dit que son pays ne servira jamais de base arrière à ceux qui veulent déstabiliser le Cameroun.
De même que son pays n’encouragera jamais une alliance entre ceux qui prônent la sécession au Cameroun et au Nigeria. Nous leur avons également transmis l’engagement du président de la République, S.E Paul Biya, dans ce sens. Il y a eu des résolutions qui ont été prises. Elles vont être soumises très rapidement à nos chefs d’Etat pour approbation. Nous devons signaler la tenue du forum des gouverneurs qui a permis à cinq des nôtres d’échanger avec leurs homologues nigérians. Il est ressorti la nécessité de l’établissement d’un cadre permanent de concertation, d’échange du renseignement prévisionnel. Ceci est valable pour les responsables des questions de sécurité. Cela nous permettra de faire plus efficacement face à la recherche de malfaiteurs qui commettent des exactions dans un pays et vont se cacher dans un autre. Globalement, cette session a jeté les bases du renforcement de notre coopération au plan sécuritaire. Nous allons vers un renforcement de la sécurité.
Au cours de leurs échanges, les gouverneurs ont évoqué le rôle qui peut être celui des populations des zones frontalières dans la mesure où l’on constate que les terroristes se fondent de plus en plus dans la masse. A quoi cela renvoie-t-il concrètement ?
Ces populations ont d’abord besoin d’un encadrement pour qu’elles ne soient pas complices de ces terroristes. Il faut lutter contre la précarité dans laquelle se trouvent parfois ces populations et qui les rend vulnérables vis-à-vis de ceux qui viennent leur proposer des mirages. C’est pourquoi le Cameroun, sous l’impulsion du président de la République, a engagé des plans de développement des régions en crise, en vue d’apporter cette autre réponse qui n’est pas militaire et qui permet aux populations, les jeunes notamment, de trouver de quoi s’occuper et tourner le dos aux vendeurs d’illusions. Ceci amène donc à la création des infrastructures économiques et même scolaires. La concertation entre les gouverneurs sera désormais permanente, sur accord des deux chefs d’Etat, pour trouver très rapidement des solutions aux différents problèmes qui ne sont pas toujours les mêmes d’une région à une autre.
Qu’en est-il de la situation des réfugiés ? Il a beaucoup été question de l’infiltration de
terroristes parmi eux…
Ce problème a été étudié. Nous avons convenu que les réfugiés, parce que nous en avons de part et d’autre, doivent rester dans des camps. Ceux qui ne s’y trouvent pas ne sont pas considérés comme tels. Dans le cadre de l’accord tripartite entre le Cameroun, le Nigeria et le HCR, ce sont environ 5 000 Nigérians qui ont déjà regagné leur pays. Ceux des terroristes qui viennent se cacher dans ces camps sont en train d’être identifiés pour être remis aux autorités judiciaires.
En marge de cette session, nous avons eu un échange avec le gouverneur de l’Etat de Borno et nous avons convenu de la reprise du processus de rapatriement volontaire à la fin de la saison des pluies. Cette concertation a également concerné les repentis de Boko Haram qui se trouvent dans le camp de Meri qui dépend du Centre DDR de Mora. Nombreux parmi eux, sinon les plus nombreux, sont Nigérians. Une délégation viendra procéder à l’identification de ces personnes pour voir dans quelle mesure elles peuvent rentrer dans leur pays.